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Les projets futuristes d'une Gendarmerie disruptive

Les projets futuristes d'une Gendarmerie disruptive | DEFENSE NEWS | Scoop.it
L’esprit de la start-up nation chère au Président de la République est il arrivé jusqu’à la Gendarmerie? Pour 2019, l’Institution se veut disruptive. Elle en a même fait le nom d’un programme, baptisé Disrupt 2019. Son objectif est “le soutien des innovations les plus innovantes”, explique le lieutenant-colonel Olivier Plessiet, chargé de la mission Préparation de l’avenir à la direction des opérations et de l’emploi.

S’inscrivant dans la continuité du plan stratégique recherche et innovation (PSRI) de la Gendarmerie, “l’initiative Disrupt est l’étape suivante pour porter l’innovation”, poursuit cet ingénieur de l’armement jeudi 31 janvier, à l’occasion du troisième conseil scientifique de la Gendarmerie.

“L’innovation ne se décrète pas. Il faut la chercher, l’encourager et la financer”, précise Olivier Plessiet.

Pour cela, douze projets ont été retenus mi-2018, développés au sein de la Gendarmerie ou en coopération avec des organismes publics ou privés. Le critère de choix principal était d’être “potentiellement à mêmes de constituer un véritable changement de paradigme dans l’exercice opérationnel des forces de sécurité”.
PJ, exosquelette et véhicules intelligents
Troisième conseil scientifique de la Gendarmerie, le 31 janvier 2019, caserne des Célestins à Paris (M.GUYOT/ESSOR).
Troisième conseil scientifique de la Gendarmerie, le 31 janvier 2019, caserne des Célestins à Paris (M.GUYOT/ESSOR).

La majorité d’entre eux concerne la police judiciaire, mais certains sont tournés vers l’intervention comme l’exosquelette testé par le GIGN ou la sécurité générale, avec une évaluation des risques et opportunités induits par les véhicules intelligents. Si certains sont bien avancés, voire déjà opérationnels, d’autres ont vocation à être abandonnés à l’issue des 18 mois. En effet, pour ne pas inhiber les porteurs de projet, “le droit à l’échec fait partie de la démarche Disrupt”, explique le lieutenant-colonel Plessiet.

Au-delà de ce projet lui même “l’objectif est de parvenir à forger, pour nos gendarmes, pour notre ministère, un véritable esprit d’innovation et de remettre en question systématiquement nos processus et nos modes de raisonnement”, précise le directeur général de la Gendarmerie, le général d’armée Richard Lizurey. “Il faut convaincre chacun et chacune de nos membres. Ceux qui sont sur le terrain bénéficient de ces innovations mais en sont aussi les acteurs”.
Focus sur trois innovations du programme Disrup

Alice

Le quotidien d’Alice sera une plongée dans le pays des horreurs. Ce logiciel dont le nom est l’acronyme d’Automatic labeling for image collections explorations, vise en effet à faciliter l’exploration de grandes quantités d’images dans le cadre d’enquêtes sur des faits de pédophilie.

“Alice est idéale pour trier des stocks d’image”, explique le capitaine Edouard Klein du centre de lutte contre les criminalités numériques (C3N). Et dans ce type d’enquête, la quantité est souvent au rendez-vous. Douze millions d’images sont ainsi conservées aux centre national d’analyse pédopornographiques (Cnaip) de la Gendarmerie.

Dans ces affaires, les enquêteurs sont confrontés à des disques durs saisis contenant de plus en plus de données qu’il leur faut trier dans un temps limité. Jusqu’ici pour identifier les photos délictueuses ou criminelles, la tâche était manuelle, donc chronophage, et laissait inexplorés de grands pans des supports saisis.

Alice propose d’utiliser un système d’active learning pour entraîner la machine à effectuer ce tri. L’enquêteur apprend au logiciel à reconnaître ce qu’il cherche -visage, objet ou symbole– à l’aide de quelques dizaines de photos présélectionnées par le logiciel. Jusqu’ici les procédés de reconnaissance d’images par machine learning supervisé nécessitaient d’analyser manuellement 10.000 photos avant que la machine sache travailler seule.

ADN non humain

L’analyse des traces ADN humaines fait aujourd’hui partie du quotidien des enquêtes judiciaires. Mais, aussi surprenant que cela puisse paraître, les laboratoires de police scientifique française n’ont pas cette capacité pour l’ADN animal. “Aujourd’hui, à partir de poil, de plume, de sang ou de tissu, on est capable de donner le nom d’une espèce, chien, chat, cheval”, explique le capitaine Sylvain Aimart, de l’Institut de recherches criminelles de la Gendarmerie. Mais les experts de l’Institution ne peuvent affirmer que tel poil provient bien de tel chien.

La méthodologie existe pourtant chez plusieurs de nos voisins européens et, si l’on songe aux 20 millions de chiens et de chats de compagnie et à leur propension à semer leurs poils, les perspectives sont alléchantes pour les enquêteurs. Ce projet à de fortes chances d’aboutir car méthodologie, kits d’extraction et marqueurs par espèce existent déjà. Il comprend un autre volet, végétal celui-là, qui vise pour l’instant à identifier l’espèce végétale dont est issue, par exemple, une trace verte sur un vêtement. Là encore, un outil précieux aux services des enquêteurs.

Chatbot 19

Les chatbots vont débarquer en Gendarmerie. Ces assistants numériques qui répondent à vos questions de manière automatisée vont être testés à la fin de l’année 2019 dans le domaine des ressources humaines. Dans un premier temps, seuls les officiers seront concernés dans le cadre d’un chatbot qui aura “pour objectif de répondre à leurs nombreuses interrogations en matière d’avancement, de formation, de mobilité, de statut”, explique le lieutenant colonel Pleissiet.

Au delà du gain de temps pour les militaires du bureau du personnel officier qui sera dispensé d’une tâche “très chronophage”, Chatbot 19 apportera “un facteur d’anonymisation” permettant aux officiers de poser n’importe quelle question “sans pour autant se découvrir”.

Dans un deuxième temps, ce chatbot a vocation a être associé aux données RH de la Gendarmerie afin d’apporter des réponses personnalisées aux questions posées. Si le dispositif est concluant, il pourrait ensuite être élargi aux sous-officiers, dont la gestion de carrière est régionale.

Plus largement, en développant ce système de chatbot pour ses ressources humaines, la Gendarmerie maîtrisera cet outil d’assistant numérique et pourrait s’en servir dans le cadre de la brigade numérique pour offrir aux citoyens une nouvelle manière d’interagir avec l’Institution.

Matthieu Guyot
Revue de presse quotidienne des principaux articles concernant le secteur de la Défense, de ses industriels, des armements et technologies.
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Japan shows interest in Turkish-made kamikaze drones

Japan shows interest in Turkish-made kamikaze drones | DEFENSE NEWS | Scoop.it
Turkey's Defense Technologies Engineering and Trade Inc., also known by its Turkish acronym STM, has confirmed that Japan is showing in quad-copter-type series loitering munitions. STM’s General Manager Özgür Güleryüz has said that Japan already requested the Karguloitering munition system, also known as kamikaze drones. "Japan has requested Kargu. We've shown Kargu several times at
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Des renforts espagnols pour le bataillon de l'OTAN sous commandement français

Des renforts espagnols pour le bataillon de l'OTAN sous commandement français | DEFENSE NEWS | Scoop.it
L’information, coincée entre un sommet de l’OTAN et les célébrations du 14 juillet, était passée inaperçue : 250 militaires espagnols rejoindront le bataillon multinational commandé par la France en Roumanie.

C’était l’une des promesses exprimées mi-juillet par le Premier ministre espagnol Pedro Sanchez lors du sommet de Vilnius : son pays enverra un nouveau détachement en Roumanie pour renforcer sa contribution au dispositif dissuasif de l’OTAN. Ces 250 militaires seront basés à Cincu au sein du bataillon dont la France assume le rôle de nation-cadre, annonçait ce jeudi le ministre roumain de la Défense Angel Tîlvăr à l’issue d’un entretien avec son homologue espagnole, Margarita Robles.

Mis sur pied il y a 18 mois dans le cadre de la mission Aigle, ce Collective Defense Battle Group (CDBG) accueille une compagnie belge ou néerlandaise en alternance autour d’un « noyau » d’environ 700 militaires français. Ils ont été rejoints au printemps dernier par une section luxembourgeoise de reconnaissance, portant l’effectif actuel à un millier de combattants.

L’Espagne « joue un rôle significatif dans la sécurisation du flanc oriental de l’OTAN », rappelait Angel Tîlvăr. Depuis 2021, Madrid participe à intervalles réguliers aux missions de police du ciel réalisées (eaP) depuis le sol roumain. Un plot d’une dizaine de chasseurs F-18 auquel s’ajoutent depuis octobre 2022 un radar AN/TPS-43M de surveillance aérienne et sa quarantaine d’opérateurs.

Derrière l’effort supplémentaire consenti en Roumanie, l’armée espagnole prendra les rênes d’un bataillon multinational installé prochainement en Slovaquie. L’Espagne y déploiera 700 militaires, annonçait Pedro Sanchez depuis Vilnius. Le tout, en maintenant sa participation déjà ancienne au bataillon multinational de l’OTAN présent en Lettonie.